NEPHRONURSE

Infirmier en Néphrologie


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Buttonhole

Définition:

La technique du buttonhole ou cannulation en boutonnière consiste à créer un tunnel que l’on utilisera pour canuler la fistule à chaque séance de dialyse. L’infirmier formé à cette pratique piquera toujours au même endroit, avec le même angle et la même direction de ponction.

–> Avantages :

La technique de la boutonnière permet de:

  • prolonger la durée de vie d’une fistule AV
  • piquer les fistules courtes qui ont un espace réduit de ponction

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  • faciliter l’insertion des aiguilles
  • réduire les échecs de ponction
  • réduire les hématomes
  • réduire les anévrismes ce qui préserve l’image corporelle car ils sont souvent inesthétiques
  • atténuer la douleur
  • écourter le temps d’hémostase
  • minorer l’appréhension du patient et du soignant
  • pratiquer l’autocanulation pour l’hémodialyse quotidienne au domicile
  • diminuer les actes radiologiques et chirurgicaux

–> Inconvénients :

La technique de la boutonnière est déconseillée dans les cas suivants:

– pour les patients porteurs de greffon synthétique en PTFE (type Goretex)
– FAV ayant des tissus sous-cutanés minces
– cardiopathie valvulaire (valve mécanique, ATCD d’endocardite, stimulateur cardiaque)
– infection à staphylocoque récurrente
– irritation cutanée persistante
– infection locale sur l’accès vasculaire
– patient immunodéprimé

Il faut cesser d’utiliser la technique de canulation en boutonnière dans les cas suivants :
• Irritation cutanée dans les zones de canulation en boutonnière
• Inobservance des modalités de soins à apporter à la boutonnière par le patient
• Apparition d’un des facteurs d’exclusion.

Création du tunnel

Le tunnel est l’ouverture crée par l’aiguille entre la surface de la peau et la lumière de la fistule. Cette ouverture se referme lorsqu’on retire l’aiguille à la fin du traitement d’hémodialyse et une croûte se forme à la surface de la peau.

–> Lignes directrices

Le choix des sites de ponction au niveau de la FAV se fait sur une peau saine, facile à piquer : zone bien développée, rectiligne et superficielle. L’examen préalable de la FAV  est nécessaire pour déterminer sa localisation et sa trajectoire. Il est essentiel de s’assurer de la présence d’un thrill continu et régulier. L’utilisation d’un stéthoscope est conseillée.  Le premier point est à créer à distance de l’anastomose, au minimum à 2 cm. Il est conseillé d’avoir une espacement de 4 – 8 cm entre les deux points.

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Points de buttonhole sur FAV radio-radiale gauche

Un même technicien doit effectuer la canulation pendant six à huit traitements d’hémodialyse. Pour bien établir la tunnelisation au moyen de la technique de la boutonnière et réduire au minimum les dommages aux tissus, l’infirmier doit chaque fois insérer l’aiguille tranchante selon la même direction, le même angle et à la même profondeur. Des tissus cicatriciels se formeront autour de l’aiguille et créeront ainsi le tunnel.
Il est conseillé de toujours utiliser un garrot, même une fois la tunnelisation établie.

Une fois le tunnel créé, il faut utiliser des aiguilles émoussées (cf ci dessous) pour piquer la fistule à travers le canal existant, sans forcer. Ces aiguilles éliminent les risques de coupures et de saignement au niveau du tunnel.

Version 2

Aiguille émoussée

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Composition de l’aiguille

En cas d’échec de canulation, il faut éviter d’utiliser des aiguilles affûtées puisque ces dernières risquent d’endommager la tunnelisation, de créer une nouvelle voie d’accès, d’entraîner des lésions dans les tissus adjacents à la tunnelisation, agrandir la lumière et causer des saignements.
Dans ce cas, il est recommandé de réaliser une ponction classique à au moins 2 cm de la boutonnière pour procéder au traitement.

–> Recommandations

– Demander au patient de se laver la fistule à l’aide d’un savon antibactérien au moment de son arrivée au centre de dialyse.

– Respecter l’observance du temps de contact des antiseptiques pour prévenir tout risque d’infection.

– Traiter chaque point séparément et retirer la croûte selon le protocole avec le grattoir (cf ci dessous) tout en veillant au maintien de l’intégrité de la zone.

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Un grattoir

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Ablation des croûtes

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Croûte retirée

Ne jamais utiliser une aiguille standard pour retirer les croûtes.
– S’assurer que la croûte a été entièrement retirée pour éviter de l’introduire dans le tunnel à la ponction.
– Désinfecter à nouveau les points pour éliminer toutes bactéries

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Mise en place de l’aiguille artérielle

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Mise en place de l’aiguille veineuse

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Ponctions réalisées

N’hésitez pas à laisser vos commentaires et à prendre contact avec nous à l’adresse suivante : contactnephronurse@gmail.com

A bientôt,

Pauline & Etienne


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Création FAV percutanée 

Bonjour à tous,

Une création de FAV percutanée (sans incision) a été réalisée cette semaine à Hôpital Institut Mutualiste Monstouris par l équipe du Docteur MALLIOS.

Voici des videos qui présente cette nouvelle technique :

Un clampcath (artère) piqué dans la veine basilique et un autre (veine) placé dans la veine céphalique.

Débit de pompe 350 ml/min avec des pressions parfaites. 👍


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Montage d’un générateur de dialyse (vidéo)

On revoit un basique de l’hémodialyse qu’est le montage de générateur.

Bon visionnage a tous,

 

N’hésitez pas a liker et partager !!

Etienne & Pauline


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Débranchement/restitution d’un patient porteur d’une FAV (vidéo)

Vous avez été nombreux à nous demander une vidéo sur le débranchement et la restitution chez un patient porteur d’une fistule.

Nous l’avons fait !

Bon visionnage!

Pauline & Etienne


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ANTICOAGULATION DES CIRCUITS EXTRACORPORELS

L’anticoagulation du circuit extracorporel en dialyse est une prescription médicale qui dépend :

  • de la durée de la dialyse : courte ou longue durée
  • du risque hémorragique ou non
  • de la contre indication ou l’intolérance à certaines héparines (allergie)
  • de la prise ou non d’un traitement pas AVK

La bonne anticoagulation du patient garantie une bonne dialyse et donc une meilleure épuration des toxines urémiques. Il est important de retrouver en fin de séance, après avoir effectué la restitution, un circuit et un dialyseur propre voire rosé. La coagulation du circuit en cours ou fin de séance est à signaler au Néphrologue.

Il existe différents types d’héparine :

I-Héparine non fractionnée : Héparine standart, Calciparine. Elles sont de moins en moins utilisée et formellement contre-indiquée en cas de risque hémorragique.

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II-Héparine de bas poids moléculaires HBPM : Lovenox, Fraxiparine. Elles sont faciles à utiliser. Les seringues sont toutes prêtes. l’injection se fait en IV lente dans la ligne. Les HBPM couvrent souvent toute la durée d’une séance de 4h. Elles n’entraînent pas de thrombopénie.

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  • Les molécules de l’HBPM se déposent dans le circuit et sur la membrane du dialyseurfauxcommentaire3 L’effet de l’anticoagulant repose sur la fixation de l’HBPM sur l’antithrombine III présente dans le sang.

Qu’est-ce que l’antithrombine III? C’est une protéine qui existe à l’état physiologique et dont le rôle est de limiter le processus de coagulation. Pour l’hémodialyse, on associe l’antithrombine III à l’HBPM qui se fixe sur celle-ci.

  • On peut administrer l’HBPM dans la ligne artérielle de façon précoce avant l’arrivée du sang dans la ligne fauxcommentaire3 Il est important d’attendre que le sang soit détecté par le générateur au niveau du capteur colorimétrique : signal sonore avant d’effectuer l’injection.
  • On peut administrer l’HBPM dans la ligne artérielle de façon rapide (bolus) quand le sang a été détecté par le générateur fauxcommentaire3Il est important d’injecter la dose de manière progressive pour que l’HBPM puisse se fixer sur un maximum d’antithrombine III avant d’arriver dans le dialyseur où une partie des molécules traverseront la membrane.
  • On administre l’HBPM dans la ligne artérielle lentement une fois que le sang a été détecté par le générateur ltp5foj
  • De nombreux Néphrologues préconisent l’injection dans la ligne veineuse pour les patients traités par HDF ltp5foj

III-Acide Citrique : le passage de citrate au travers de la membrane de dialyse, du dialysat vers le sang en cours de séance, permet une anticoagulation. Le maintien de la perméabilité de la membrane est donc assuré avec un faible colmatage des pores.

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IV-Dialyse sans anti-coagulant :

Indicationspatients dialysés en post opératoire (chirurgie digestive ou autre), retour de greffe, en cas de risque hémorragique lié aux troubles de l’hémodialyse primaire ou en cas d’allergie à l’héparine (Orgaran)

  • En hémodialyse : la dialyse sans héparine peut entraîner une thrombose du circuit et de la membrane de dialyse. Afin de prévenir ce risque pour prévenir tout risque de thrombose de la CEC et du dialyseur, il est nécessaire d’effectuer des rinçages fréquents avec le système « Online » du générateur ou grâce à des poches de sérum physiologique. L’idéal est d’avoir un débit de la pompe à sang supérieure à 300ml/min. Les rinçages doivent être effectués toutes les 30 mins pendant toute la durée de la séance avec à chaque fois 150 à 200 ml de sérum physiologique de rinçage. Il faut donc penser à ajouter le volume des rinçages qui seront effectués à l’UF totale.
  • En HDF : passer le patient en mode pré-dilution ce qui permettra d’injecter le liquide de substitution en amont du dialyseur et donc limiter la coagulation du dialyseur.

Etienne & Pauline


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Présentation d’un centre d’hémodialyse (vidéo)

Dans le cadre de la consultation pré dialyse, il parait important de réaliser une présentation d’un centre.

Cette vidéo est destinée essentiellement au patient en insuffisance rénale terminale et ayant choisi sa méthode de suppléance par hémodialyse.

Bon visionnage

Etienne & Pauline


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Twister (vidéo)

Voici enfin notre vidéo sur l’utilisation du Twister .

Bon visionnage, n’hésitez pas à commenter et liker !

 

Nous remercions notre patient d’avoir accepté de participer à cette réalisation et de nous avoir donné son consentement pour la mettre en ligne.

Pauline et Etienne


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Interview

Nous avons souhaité vous faire partager l’expérience d’Angelina, une ancienne patiente dialysée du centre et greffée depuis février. 

Question : Qu’est ce qui t’ a amené à être dialysée?

A: Je suis suivie depuis 2005 par un néphrologue du Kremlin Bicêtre pour une maladie de Berger. J’ai débuté la dialyse à Villejuif en Février 2011 suite à un problème urinaire. Quelques mois plus tard, j’ai changé de centre pour aller en Autodialyse à Bièvres.

As-tu été préparée à ta mise en dialyse?

Oui, je savais ce qui m’attendait. C’est pour cela que l’on m’a créée ma fistule artério veineuse environ trois mois avant la mise en dialyse.

As-tu été formée à l’autodialyse?

Suite à un voyage aux Antilles, où je ne me suis pas sentie en sécurité pendant ma prise en charge en dialyse, j’ai demandé à être complètement formée -montage du générateur, paramétrages, branchement/ restitution –  et j’ai également voulu qu’on m’apprenne à me piquer.

Comment se passaient les séances de dialyse?

Bien. J’étais dialysée trois fois par semaine pendant trois heures. Ayant conservé ma diurèse, ma prise de poids entre les séances de dialyse était peu importante.

As-tu été inscrite sur liste de greffe?

J’ai effectué mon bilan de pré-transplantation à l’hôpital du Kremlin Bicêtre où j’ai été rapidement inscrite. Etant du groupe sanguin O négatif, on m’avait informé que l’attente serait longue, plusieurs années.

Comment as-tu vécu cette attente?

J’ai fais un travail sur moi même pour accepter ma maladie. Je n’avais pas le choix. J’ai toujours « tenu bon » pour mes enfants, malgré la fatigue du traitement par hémodialyse. J’ai tout de même maintenu une activité physique: la marche rapide.

Comment as-tu fais pour tenir bon? Où as-tu trouvé la force pour tenir?

Ma foi en Dieu m’a permis de traverser les moments de découragement. Je profitais des moments que j’avais où j’étais branchée à la machine pour lire ma bible et prier.

Peux-tu nous raconter cette soirée du 17 Février 2016?

Je me suis endormie dans mon  fauteuil pendant que je priais. C’est la sonnerie de mon téléphone qui m’a réveillée. Une personne m’interrogeait pour savoir si mon bilan cardiaque était à jour. Il était 22h00. Après lui avoir répondu, elle m’a demandé si je pouvais venir au plus vite au Kremlin Bicêtre, car un greffon était disponible pour moi. Après une douche rapide, mon fils m’a accompagné à l’hôpital pour 23h30. L’analyse du greffon était encore en cours. J’ai juste su que c’était un « bon » greffon. Je me suis ensuite recueillie dans le couloir de l’hôpital toute la nuit. Au petit matin, suite à une discussion avec la chirurgienne qui s’est vue rassurante, on m’a descendu au bloc opératoire. On m’a endormie et j’ai été greffée. De retour dans ma chambre, tout allait très bien. J’urinais de nouveau abondamment, la plaie opératoire était propre. Deux jours après, j’étais sur pied et mes résultats biologiques étaient très bons.

Peux-tu nous parler de ton traitement anti-rejets?

Je prends du Cellcept 500 mg deux comprimés le matin et deux le soir,  et de l’Advagraf  7mg deux heures après le traitement du matin. Par contre, j’ai du mal à accepter le traitement par cortisone même s’il a été progressivement diminué car il m’a fait grossir.

Actuellement, peux-tu nous donner des éléments concernant le greffon?

Il fonctionne très bien, la dernière créatinine prélevée était à 99 mmol/l, le potassium à 4,6 mmol/l. J’urine plus de deux litres par 24h. Malgré le bon fonctionnement de mon rein, on me conseille tout de même de conserver ma fistule pour le moment.

Quel message souhaites-tu faire passer aux patients dialysés en attente de greffe?

Il est important pour le patient dialysé d’accepter sa maladie. Pour ce qui est de la greffe, il me semble nécessaire de bien évaluer le bénéfice/risque. Mais aujourd’hui, je me sens  beaucoup plus libre qu’avant.

Quels sont tes projets ?

Je souhaite retrouver ma famille en Martinique et passer du bon temps avec eux. J’ai aussi un projet professionnel, je désire me reconvertir dans la bureautique en tant que secrétaire. Parallèlement, j’ai à cœur de visiter les personnes souffrantes  et accompagner celles qui sont en fin de vie.

Propos recueillis le 20 septembre 2016 par Etienne et Pauline

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Nous remercions tout particulièrement Angelina qui nous a fait partager son expérience de patiente dialysée et greffée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Polykystose rénale : un nouveau traitement 

Le 1er médicament permettant de ralentir l’évolution de la polykystose rénale est désormais disponible

Mis à jour le jeudi, 21 juillet 2016 09:49 – Écrit par Renaloo le jeudi, 21 juillet 2016 09:47

Jinarc (tolvaptan) est désormais disponible en France.
Il s’agit du tout premier traitement permettant de ralentir le développement des kystes et de l’insuffisance rénale pour les patients atteints de polykystose rénale autosomique dominante (PKRAD).

Les experts suggèrent que quatre ans de traitement par Jinarc permettraient de retarder d’un an le recours à la dialyse ou à la greffe.

Ce médicament n’est pas indiqué chez tous les patients ayant une PKRAD. Il est réservé à ceux qui présentent :

une insuffisance rénale de stade 1 à 3, des reins qui fonctionnent encore à au moins 30% de la normale ( DFG > 30 ml/min/1,73 m2),

Un volume des reins augmenté de manière importante à cause des kystes (néphromégalie), ce qui entraine un risque de perte de fonction rénale

des signes d’évolution rapide de la maladie :

la présence de symptômes, comme des douleurs rénales, des hémorragies ou des infections dans les kystes, la présence de sang visible dans les urines (hématurie macroscopique)

ou une fonction rénale qui diminue régulièrement d’au moins 5% par an (diminution du DFG d’au moins 5 ml/min/an)

Les effets indésirables les plus fréquents du Jinarc sont la soif, la nécessité de boire de l’eau ou d’autres liquides aqueux en quantités importante, conduisant à une augmentation du volume des urines et à un besoin fréquent d’uriner, y compris la nuit. Il existe aussi un risque d’atteinte du foie, qui nécessite une surveillance sanguine durant le traitement (tous les mois puis tous les 3 mois au bout de 18 mois).

Jinarc se présente sous la forme de comprimés, à prendre 2 fois par jour. La prescription (initiation et renouvellement) est réservée aux néphrologues. Il remboursé à 100% pour les patients en ALD pour leur polykystose.